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RÉGIME FISCAL

Comment passer du micro-BIC au réel en LMNP ?

Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire et ne permet pas de déduire individuellement les charges ou amortissements. Le réel calcule un résultat à partir des recettes, dépenses, intérêts, taxes et amortissements. Il peut donc devenir pertinent lorsque les charges économiques dépassent largement l’abattement f…

Mise à jour : septembre 20265 min de lecture
Guide pratiqueCes informations sont générales et ne remplacent pas une analyse personnalisée de votre situation.

Pourquoi passer au réel ?

Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire et ne permet pas de déduire individuellement les charges ou amortissements. Le réel calcule un résultat à partir des recettes, dépenses, intérêts, taxes et amortissements. Il peut donc devenir pertinent lorsque les charges économiques dépassent largement l’abattement forfaitaire.

La décision doit cependant intégrer le coût et la complexité de gestion, la situation du bien, les amortissements disponibles et les règles de sortie. Le comparateur LMNP Essentiel donne une première estimation ; le choix final doit s’appuyer sur les données réelles du dossier.

Déterminer l’année de basculement

La première question est : à partir de quelle année les revenus seront-ils imposés au réel ? La réponse conditionne toutes les saisies. Dans LMNP Essentiel, lorsqu’il s’agit d’un basculement micro vers réel, l’exercice est traité sur la période du 1er janvier au 31 décembre de l’année de basculement.

Il faut éviter de choisir une date de mi-année simplement parce qu’une option a été formulée à ce moment-là. Le régime applicable concerne l’exercice fiscal selon les règles d’option et de seuil.

Que faire du bien déjà détenu ?

Un bien exploité depuis plusieurs années au micro n’est pas une acquisition nouvelle lors du passage au réel. Il faut déterminer sa valeur d’entrée comptable selon les règles applicables à la situation et documenter la méthode.

Il ne faut pas reprendre mécaniquement le prix actuel du marché sans analyse ni réécrire l’histoire des années précédentes. La date d’acquisition, la date de début d’activité, les travaux déjà réalisés et l’usage personnel éventuel peuvent avoir une incidence sur la reprise.

Amortissements : repartir de zéro ?

Le passage au réel ouvre la tenue d’une comptabilité avec amortissements, mais cela ne signifie pas que l’on peut choisir librement une nouvelle date d’achat ou inventer des amortissements antérieurs. Le plan doit refléter l’actif au moment de son entrée dans la comptabilité réelle et respecter les règles de valorisation et de durée.

L’objectif est de produire un bilan d’ouverture défendable et un plan qui pourra être suivi pendant toutes les années futures.

Frais et travaux antérieurs

Des frais de notaire payés plusieurs années auparavant ne deviennent pas une charge de l’année de passage au réel. Il en va de même pour une réparation ancienne déjà consommée économiquement. Chaque dépense doit être rattachée à sa période et à sa nature.

En revanche, des immobilisations encore utilisées peuvent devoir être reprises dans le bilan d’ouverture selon les règles comptables applicables. Cette distinction exige un inventaire précis du bien, du mobilier et des travaux durables encore présents.

Organiser la première année au réel

Dès le 1er janvier de l’année de basculement, enregistrez toutes les recettes et dépenses avec leurs justificatifs. Ventilez chaque échéance de prêt entre capital, intérêts et assurance. Identifiez les nouveaux meubles et travaux et conservez leur date de mise en service.

À la clôture, vous pourrez construire le 2033-A, le 2033-B, le 2033-C puis la 2031. Le résultat sera ensuite reporté sur la 2042-C-PRO.

Exemple

Un bailleur déclare au micro jusqu’aux revenus 2025 puis relève du réel pour 2026. Il ne traite pas les loyers de janvier à juin au micro et ceux de juillet à décembre au réel. Il reconstitue toute l’année 2026 sous le régime réel, avec un bilan d’ouverture et une comptabilité complète.

Les charges payées en 2025 restent rattachées à 2025. Les dépenses engagées en 2026 sont traitées selon leur nature. Les immobilisations existantes sont reprises de manière documentée.

Méthode de travail recommandée

Pour traiter ce sujet proprement, évitez de raisonner à partir d’un seul chiffre ou d’une seule case fiscale. Commencez par réunir les pièces d’origine, reconstituez la chronologie, puis séparez les faits économiques des conséquences fiscales. Cette méthode permet de vérifier les données avant de les transformer en écritures comptables ou en montants déclaratifs.

Conservez aussi une note de calcul dans le dossier permanent. Elle doit être compréhensible par une autre personne plusieurs années plus tard : hypothèses retenues, documents utilisés, éventuels proratas et lien avec la liasse. Une bonne justification ne se limite pas à « le logiciel a calculé ». L’outil doit rendre visible la logique qui conduit au résultat.

Contrôles à effectuer avant de valider l’exercice

Avant toute transmission, contrôlez la cohérence entre les données détaillées et les formulaires. Les totaux de recettes doivent être explicables par les encaissements, les charges par des justificatifs, les emprunts par les échéanciers et les immobilisations par leurs factures ou valeurs d’entrée. Vérifiez également que les dates appartiennent au bon exercice et que les reports d’ouverture correspondent à la clôture précédente.

Le deuxième niveau de contrôle consiste à chercher les doubles traitements : une dépense ne doit pas être comptée à la fois en charge et en immobilisation, un même amortissement ne doit pas être consommé deux fois, et un report fiscal déjà utilisé ne doit pas réapparaître dans le stock. Ces rapprochements sont souvent plus efficaces que la simple relecture des formulaires.

Erreurs fréquentes

  • Mélanger micro et réel au sein d’une même année sans fondement.
  • Déduire en 2026 des dépenses de 2024 parce qu’elles n’avaient pas été utilisées au micro.
  • Retenir une valeur du bien sans documenter la méthode.
  • Oublier les immobilisations et ne saisir que les charges courantes.
  • Attendre la déclaration de l’année suivante pour commencer la comptabilité.

Questions fréquentes

Peut-on revenir ensuite au micro-BIC ?

Cela dépend des conditions du régime et des règles d’option applicables. Le changement ne doit pas être traité comme un bouton à activer chaque année uniquement selon le résultat souhaité.

Les anciennes factures de mobilier servent-elles encore ?

Oui, elles peuvent être utiles pour identifier les actifs encore présents et documenter leur historique.

Faut-il modifier l’INPI lors du passage au réel ?

Une modification peut être nécessaire selon les données fiscales enregistrées. Il faut vérifier la situation de l’activité et la formalité appropriée.

Le réel commence-t-il à la date de mon courrier d’option ?

Pas nécessairement. Le régime s’applique selon les règles fiscales de l’année concernée, d’où l’importance de fixer correctement l’exercice.

Faut-il créer un nouvel SIREN ?

Non, un simple changement de régime fiscal n’implique pas en principe de créer une nouvelle activité juridique.

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